À l’inverse du solfège, la tablature ne symbolise pas, elle montre. Elle établit un lien direct entre le geste et l’instrument.
- Elle doit être simple pour ôter l’illusion que tout est exprimé. En effet, son objectif n’est pas d’imposer une version définitive d’un thème mais plutôt de nous guider dans les passages difficiles ou dans le choix du phrasé.
- Elle doit cependant être précise car ce qui est exprimé doit être fiable et les indications qu’elle donne doivent être claires.
Un bon système :
- Visualise les mécanismes fondamentaux du fonctionnement de l’instrument.
- Met en évidence les renseignements principaux.
- Donne éventuellement des renseignements secondaires.
Le système utilisé ici est issu :
- Des premiers systèmes (poussé/tiré) nés avec l’instrument au siècle dernier.
- D’une réactualisation (précision rythmique, écriture des accords, etc.) opérée à la fin des années 70 lorsque j’ai commencé à enseigner.
- De certaines modifications destinées à le rendre plus synthétique, apportées par le CADB (Collectif Accordéon Diatonique Bretagne) dans les années 80.
- De perfectionnements que j’ai apportés ensuite pour qu’il réponde aux attentes de jeunes élèves devenus extrêmement performants (mise en évidence de certains éléments pour facilité la lecture rapide).
Ce système a donc fait ses preuves :
- Il est patiné par une longue pratique.
- Il a formé un nombre incalculable d’excellents praticiens.
- Il est déchiffrable à vue à un tempo élevé.
- Sa rigueur est telle qu’il est parfaitement adapté à la précision de déchiffrage que requiert la musique polyphonique.
- Sa précision rythmique est telle qu’il se suffit à lui-même et ne nécessite nullement l’utilisation de la partition.
- Il est international.
- Il est adapté à tous les types d’accordéon diatonique.
La lecture rapide va exiger de distinguer d’un seul coup d’œil la Basse et l’accord.
D’abord car les changements d’harmonie se font la plupart du temps sur la Basse, l’accord suit seulement le sens du soufflet. Ensuite, car à travers la mécanique d’alternance accord/basse, qu’on ne lit plus dans le détail, il va falloir distinguer une éventuelle rupture, une descente de Basses par exemple. Pour ces raisons la Basse est en caractère gras, et non l’accord.
II – La main droite
La main droite indique le numéro du bouton à actionner en partant du haut du clavier. Si vous poussez sur le soufflet, le chiffre sera inscrit sur la ligne du haut, si vous tirez sur le soufflet, le chiffre sera inscrit sur la ligne du bas.
Si votre note dure deux temps, un trait la prolonge, terminée par un point qui marque l’emplacement de la pulsation.
La lecture est donc à la fois horizontale et verticale.
Dans l’exemple précédent, vous jouez le bouton 6 à la main droite en poussant, en même temps que la Basse de Sol ( G ). Vous jouez ensuite le même bouton 6 en même temps que l’accord de sol (g) à la main gauche.
Jouez ensuite le bouton 7 en tirant sur le soufflet et en même temps que la basse de La (A) mais maintenez le bouton appuyé pendant que vous jouez l’accord de la (a), à la main gauche sur le temps suivant.
Jouez à nouveau le bouton 7 mais changez de basse à la main gauche pour jouer un Ré (D), bouton 8 ensuite avec l’accord de ré (d), etc…
Par convention, chaque note qui dure un temps sera une noire (les deux premiers 6 par exemple), et les notes qui durent deux temps seront des blanches (le 7 suivi d’un trait par exemple).
Il ne reste plus qu’à lire la tablature régulièrement, soit en s’aidant d’un métronome qui bat chaque temps donc votre accord et votre Basse, soit en frappant du pied sur chaque accord et chaque Basse.
Les silences en toute logique ne sont représentés par rien !
Si vous jouez les notes de la rangée intérieure, elles sont primées et le cas échéant avec un double prime pour la troisième rangée.
III – Les divisions du temps
Il faut imaginer (et même parfois visualiser) un quadrillage :
Dans le cas d’une division du temps par 2 nous laissons un carreau entre la Basse et l’accord. La seconde croche se trouvera naturellement entre la Basse et l’accord et sera donc jouée sans rien à la main gauche.
En ternaire, le temps est divisé par trois. Plusieurs cas se présentent, suivant le type d’accompagnement que vous avez choisi à la main gauche. Voici deux exemples courants :
Dans le cas d’une division du temps par quatre, nous laissons trois carreaux entre la Basse et l’accord.
Cette technique qui met exactement en rapport l’espace avec le temps permet une précision rythmique maximale.
IV – les accords à la main droite
Si vous jouez deux notes simultanément à la main droite, elles s’écrivent comme naturel, l’une sur l’autre.
Si vous jouez trois notes en même temps, les deux premières s’écrivent l’une sur l’autre, la troisième s’écrit à coté.
V – Les mesures / Les reprises
Les signes utilisés sont ceux du code musical standard.
L’indicateur « x2 », peut indiquer en fin de phrase de rejouer l’ensemble avec les reprises.
Une double barre indique une fin de partie.
Une double barre pointée indique la reprise de cette partie.
VI – Les indications secondaires
Les doigtés sont indiqués sous la ligne de « tirer », donc le plus près possible de la notation de la main droite, dans cette nomenclature :
Index : 1 Index
Majeur : 2 Major
Annulaire : 3 Ring finger
Auriculaire : 4 Little finger
L’espace compris entre la main gauche et la partition peut comprendre quelques indications :
- Un point « . » sur les notes piquées
- Un accent « < » sur les temps forts
Les ornementations peuvent parfois être notées :
- « s » signifie « slide », glissement entre deux notes.
- « ~~~~~~~~~ » indique une suite de trilles, balancement très rapide entre deux notes.